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agir ensemble, ici et maintenant

La manière de procéder à l’examen du Protocole de Kyoto au titre de l’article 9 constitue l’un des principaux enjeux de la conférence de Nairobi. Les débats qui ont eu lieu lors de la plénière d’hier ont montré que sur ce sujet, l’éventail des positions des différentes Parties était très large.

La manière de procéder à l’examen du Protocole de Kyoto au titre de l’article 9 constitue l’un des principaux enjeux de la conférence de Nairobi. Les débats qui ont eu lieu lors de la  plénière d’hier ont montré que sur ce sujet, l’éventail des positions des différentes Parties était très large.

Certaines voudraient que cette session de la COP/MOP soit l’occasion d’un premier examen et que l’on reporte à plus tard la prochaine révision. L’Afrique du Sud ( au nom du groupe des pays africains) a parlé de deux ou trois ans, la Corée de trois, la Chine de trois ou quatre et l’Arabie Saoudite, quant à elle, propose d’effectuer une révision tous les quatre ou cinq ans. Retenir ces options pour la révision ferait tout bonnement sortir cette question du calendrier pour arriver à un accord sur l’Après-2012.

D’autres Parties ont appelé de leurs vœux le lancement d’un processus de révision ici à Nairobi, sans pour autant spécifier de date butoir pour la fin des travaux. Ce type d’approche, qui ne spécifie pas de date de fin, laisse la porte ouverte à ceux qui voudrait s’en servir comme excuse pour repousser toute discussion sur l’avenir du régime.

Il est évident pour ECO qu’une révision ne peut pas être conduite directement ici à Nairobi. Rien n’a en effet était préparé. Mais il est tout aussi évident qu’une décision qui repousserait éternellement le sujet ne fonctionnerait pas non plus. Sur de nombreux sujets, un travail sérieux de révision et d’analyse, ainsi que des discussions constructives sont nécessaires si l’on veut parvenir à un accord sur l’Après 2012.

Comme le CAN l’a souligné dans son intervention à la plénière d’avant-hier, pour atteindre l’objectif ultime de la Convention – empêcher tout changement climatique anthropique dangereux – il faudra diviser au moins par 2 les émissions mondiales dans la première moitié du 21ème siècle. Même si les émissions des pays de l’Annexe I étaient ramenées à zéro, cela ne suffirait pas. Les émissions des pays en développement (pris comme un tout), devront être ramenées significativement en-dessous de leurs niveaux actuels pour atteindre cet objectif. Ceci n’est pas une question politique, mais une question scientifique.

Compte tenu de ces données, les négociateurs doivent se poser la difficile question de construire, sur la base du Protocole, un cadre qui permette à la fois de parvenir à des réductions massives des émissions et de répondre aux besoins d’un développement durable de millions de personnes partout sur la planète. Augmenter significativement le niveau des engagements de réduction des pays de l’annexe I et discuter de l’extension du MDP sont des questions importantes pour répondre à ce défi, mais il faudra faire beaucoup plus.

Comment stimuler le déploiement des technologies propres dans les secteurs de l’énergie et des transports ? Comment générer les dizaines de milliards de dollars nécessaires chaque année pour aider les pays à s’adapter aux impacts du changement climatique ? Qui croit encore que des accords bilatéraux avec les pays industrialisés suffiront face à l’ampleur de la tâche ? Ces questions, ainsi que d’autres, doivent être traités par les Parties dans le cadre de la négociation sur l’Après 2012.

La revue au titre de l’article 3.9, en lien avec les travaux du Groupe de Travail Spécial (GTS) doivent fournir un cadre analytique et conceptuel solide pour que la COP/MOP3 établisse un mandat fort de négociation l’année prochaine. La mission des délégués à Nairboi est donc d’établir la liste des sujets qui devront être traités dans ces différents forums, de lancer un processus demandant au Parties de faire des soumissions, des contributions des organes intergouvernementaux et des experts non-gouvernementaux, un travail de synthèse et d’analyse par le secrétariat, et des ateliers de discussion en mai et septembre prochain. Un groupe de travail, avec un mandat clair, doit être établi pour mener cette tâche à bien. Il devra soumettre un rapport à la COP/MOP3, en complément des rapports du Dialogue et du GTS. Cette base permettra aux ministres de donner un mandat clair de négociation fin 2007.

Les pays en développement (PED) ont raison de demander aux pays de l’Annexe I de démontrer les progrès accomplis dans la réduction de leurs émissions, tout comme de demander une aide pour les actions d’atténuation et d’adaptation. Les mots doivent être confirmés par les faits. Mais le Japon a lui aussi raison de demander : « Si nous augmentons notre niveau d’ambition, qui viendra avec nous ? ». Aujourd’hui plus que jamais, un sens nouveau de la solidarité et un effort majeur de coopération entre les pays de l’Annexe I et les autres sont nécessaires pour répondre au défi climatique.

Il est grand temps que les pays industrialisés et les PED arrêtent de se montrer du doigt en se rejetant mutuellement la faute. Nous partageons tous la même planète, et nous devons donc travailler tous ensemble pour faire en sorte qu’elle demeure habitable pour les générations futures. ECO presse donc l’ensemble des délégués d’agir dans cet état d’esprit dans la 2e

semaine des négociations.