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H FC-23 dans le MDP: Climat 0, Ozone 0
Aujourd’hui, se réunit à nouveau le groupe de contact du SBSTA sur l’inclusion dans le Mécanisme de Développement Propre (MDP) de la destruction du HFC-23 dans les nouvelles installations de HCFC-22. Derrière tous ces acronymes barbares se cache un problème qui préoccupe beaucoup le CAN. Cette inclusion aurait de toute évidence un effet pervers qu’aucune solution pratique ne peut annuler. L’exclusion de ces projets du MDP est la seule chose à faire !
Aujourd’hui, se réunit à nouveau le groupe de contact du SBSTA sur l’inclusion dans le Mécanisme de Développement Propre (MDP) de la destruction du HFC-23 dans les nouvelles installations de HCFC-22. Derrière tous ces acronymes barbares se cache un problème qui préoccupe beaucoup le CAN. Cette inclusion aurait de toute évidence un effet pervers qu’aucune solution pratique ne peut annuler. L’exclusion de ces projets du MDP est la seule chose à faire !
Le HCFC-23 est un gaz à effet de serre contrôlé par le Protocole de Kyoto, avec un pouvoir de réchauffement égal à 14.000 fois celui du CO2. Il est émis lors de la production du HCFC-22, un gaz réfrigérant non seulement nocif pour la couche d’ozone mais aussi un puissant gaz à effet de serre, dont la production est malheureusement en pleine croissance.
En incluant dans le MDP les projets de destruction de HFC-23 des nouvelles installations de HCFC-22, les Parties créeraient un revenu considérable pour les développeurs de projet… tellement considérable qu’il pourrait suffire à payer les coûts de construction de toute nouvelle installation ! Cette inclusion constituerait donc une incitation à poursuivre l’utilisation de cette technologie, mauvaise pour le climat et la couche d’ozone, plutôt que de la remplacer par d’autres, qui ne sont pas nocives pour l’environnement. Concrètement, cela conduirait la Communauté internationale à payer, aujourd’hui, pour la réduction des émissions de HFC-23 avant de payer, demain, pour arrêter la production de HCFC-22 ! Un gaspillage choquant.
Mais l’incohérence ne s’arrête malheureusement pas là. Etant donné le très faible coût de destruction du HFC-23, de 0.20 à 1US$ par tonne de CO2 équivalent, le marché du carbone serait inondé par ces crédits au rabais. Les projets MDP qui respectent vraiment les objectifs du développement durable, tels ceux promouvant l’efficacité énergétique ou les énergies renouvelables, ne pourraient être suffisamment compétitifs vis-à-vis de ces projets HFC-23, et donc ne seraient pas mis en œuvre. Les projets HFC-23, eux, n’offrent aucun bénéfice durable : pas de vrai transfert de technologies, pas de réduction de la pollution locale, pas de création d’emplois…
Certaines Parties ont tout de même eu la bonne idée de suggérer des solutions pratiques pour éliminer les effets pervers de l’inclusion des projets HFC-23 dans le MDP, comme l’application d’un taux d’escompte (diminution chaque année du nombre de crédits accordés) ou l’application d’un plafond sur la quantité de crédits consentis. Cependant, ces solutions ne font qu’atténuer l’effet pervers et deviendraient inefficaces avec l’augmentation du prix du carbone.
Il est indispensable que la communauté internationale traite la question des émissions de HFC-23. Selon ECO, les pays de l’Annexe I peuvent, en aidant les pays non Annexe I à remplacer leur production de HCFC-22, assurer une transition vers des technologies vraiment durables. Et cela sans mettre en danger le climat et la couche d’ozone. Est-ce vraiment trop demander ?


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