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Changement de climat à Washington
Aux Etats-Unis, les élections de mi-mandat ont renvoyé mardi les Démocrates au pouvoir à la Chambre des Représentants et pourraient même leur donner le contrôle du Sénat. Ce tsunami politique est le résultat de la frustration des électeurs quant à la politique du Président Bush en Irak. Mais il aura également d’importantes implications pour les futures politiques énergétiques et climatiques des Etats-Unis.
Aux Etats-Unis, les élections de mi-mandat ont renvoyé mardi les Démocrates au pouvoir à la Chambre des Représentants et pourraient même leur donner le contrôle du Sénat. Ce tsunami politique est le résultat de la frustration des électeurs quant à la politique du Président Bush en Irak. Mais il aura également d’importantes implications pour les futures politiques énergétiques et climatiques des Etats-Unis.
L’un des six points de la campagne démocrate concernait la réduction de la dépendance énergétique du pays à l’égard du pétrole et des prix de l’énergie, par l’investissement massif dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. L’augmentation des crédits de recherche pour les énergies propres et l’augmentation des incitations à l’utilisation des bioénergies et autres renouvelables sont clairement au calendrier du nouveau Congrès. La pression devrait également monter pour durcir les normes de consommation des voitures, bien que leur adoption n’est pas certaine. Si, selon toute probabilité, Bush ne devrait pas s’opposer à cette législation sur l’énergie, la question climatique n’est pas si facile. Rien n’indique qu’il changera sa position sur les objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre ou sur le Protocole de Kyoto. Aucun progrès ne devrait avoir lieu avant l’arrivée d’un nouveau Président en janvier 2009 et les candidats favoris des deux camps sont en faveur d’une législation fédérale d’une limitation des émissions.
Mais le nouveau Congrès devrait défier, sur plusieurs fronts, la politique de l’administration Bush sur le réchauffement global. Les nouveaux Présidents démocrates de la « House Government Reform » et du Comité Scientifique sont tous les deux critiques à l’égard des efforts que l’administration a déployé pour empêcher les scientifiques de l’agence fédérale sur le climat, comme Jim Hansen, de s’exprimer librement sur les dangers des changements climatiques.
Si les démocrates prennent le Sénat, l’actuel président de l’Environnement & Public Works Commitee, James Inhofe (qui a désigné le changement climatique comme « la plus grande farce jamais faite au peuple américain») devrait être remplacé par la sénatrice Barbara Boxer, l’une des principaux promoteurs d’une législation pour réduire les émissions américaines de 80% en 2050. Le Comité du Sénat sur l’énergie devrait être présidé par le sénateur Jeff Bingman, autre partisan d’actions climatiques et le seul membre du congrès qui ait assisté aux négociations de Montréal.
Cette semaine de changements politiques aux Etats-Unis amplifiera la pression déjà montante des Etats, villes, business, communautés religieuses et autres pour une action fédérale contre le réchauffement global, à commencer par l’instauration d’un plafond national pour les émissions, et éventuellement ramener les Etats-Unis dans le régime international climatique. Mais soyons réalistes, cette perspective est encore quelques années devant nous. Attendre que les Etats-Unis rejoignent Kyoto pour agir provoquerait sûrement une césure entre la 1e et la 2e période d’engagements. La science et le marché de carbone en plein développement nous disent tous deux que ce n’est pas acceptable.
Le changement de garde à Washington est certainement une nouvelle encourageante pour les acteurs de la lutte contre les changements climatiques. Cela devrait encourager les délégations à renouveler et renforcer l’élan pris à Montréal en décembre dernier pour des négociations fortes sur l’après 2012. Mais cela ne doit pas donner de faux espoir et laisser croire que les Etats-Unis vont retourner leur veste et commencer à jouer un rôle dans ces négociations.


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