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Ouverture de la conférence de Nairobi : le CAN plante le décor
Alors que certains lecteurs du ECO pensent qu’ils sont venus pour assister à une réunion procédurale ennuyeuse sur le défi du changement climatique, le CAN considère au contraire la conférence de Nairobi comme la pierre fondatrice de l’ensemble des négociations.
Alors que certains lecteurs du ECO pensent qu’ils sont venus pour assister à une réunion procédurale ennuyeuse sur le défi du changement climatique, le CAN considère au contraire la conférence de Nairobi comme la pierre fondatrice de l’ensemble des négociations.
D’emblée, il saute aux yeux que la COP12 représente la première conférence sur le climat en Afrique subsaharienne, une région qui souffre déjà des impacts néfastes du changement climatique. Notre pays hôte a déjà éprouvé une sécheresse prolongée, ponctuée d’inondations dues à d’importantes précipitations. L’atteinte d’un accord sur l’adaptation lors de cette conférence apparaît donc indispensable.
L’impératif.
Les dernières données scientifiques (Hansen, 2006) indiquent que tout réchauffement de plus de 1,8°C représente un changement climatique dangereux du fait des impacts irréversibles engendrés au delà de ce seuil. De nombreuses études récentes démontrent une fonte de la calotte glacière du Groenland et de l’Arctique de l’Ouest à un rythme plus soutenu que prévu par les modèles. La preuve est faite que le pergélisol de l’Arctique commence à fondre, provoquant des émissions massives de méthane. Dès lors que de telles rétroactions positives apparaissent, le climat entre dans un cercle vicieux incontrôlable. Il est temps d’agir !
Le processus sur l’après-2012 entamé à Bonn constitue le lieu adéquat pour trouver une réponse globale à cette crise. L’examen du Protocole dans le cadre de l’article 9 est la pierre angulaire du futur régime. A Nairobi, afin d’établir une base scientifique solide pour les négociations, le CAN souhaite une phase d’analyse d’une durée de un an qui devrait déboucher sur un mandat de négociations en 2007. Celui-ci devrait conduire à un accord unique et cohérent en 2008, incluant des engagements appropriés pour faire face à l’énormité du défi climatique.
Cette date butoir est nécessaire pour éviter toute césure entre les deux premières périodes d’engagements. Petite piqûre de rappel : 8 réunions ont été nécessaires sur deux ans afin de préparer l’accord de Kyoto. C’est pourquoi, la mise en place d’un programme de réunions inter-sessionelles est à nos yeux indispensable.
Pour ceux des délégués qui attendent encore Godot : Eco vous rappelle qu’il est impossible que les Etats-Unis participent constructivement à cette négociation tant que l’Administration actuelle officiera. Même si elle le voulait, la future Administration américaine ne pourra s’asseoir à la table des négociations sur l’Après 2012 qu’à partir de 2009. Il est donc essentiel que les Parties montrent qu’elles sont déterminées à ce qu’il n’y est pas de rupture dans le rythme des négociations et donc pas de rupture entre la première période et la suivante. En effet, tout signal contraire conduirait à une perte de confiance des investisseurs sur le marché du Carbone. De plus, les Etats-Unis auraient ainsi les moyens de prendre en otage l’ensemble des négociations. Il est donc plus que temps de mettre en place un cadre légal que les Etats-Unis rejoindront quand ils seront (enfin ! ;) prêts à assumer leurs responsabilités citoyennes. Comme le disait si bien Winston Churchill « Les Etats-Unis finissent toujours par faire ce qu’il faut, à la fin, quand ils ont épuisé toutes les autres possibilités ».
Pour le CAN, il est nécessaire de s’assurer que les voies de l’Article 3.9 et 9 :
- Soient basées sur l’Architecture de Kyoto et des engagements contraignants sur des objectifs de réductions absolus des émissions pour les pays industrialisés, ainsi que sur les mécanismes de flexibilité ;
- Aient le même statut ;
- Soient reliées fortement afin d’éviter les doublons et d’assurer la cohérence des accords sur les actions futures ;
- Soient orientées autour des amendements nécessaires pour la seconde période d’engagement de Kyoto ;
- Aboutissent finalement à la création d’un accord cohérent et unique sur l’Après 2012.
Les avancées du Dialogue peuvent accompagner les progrès dans les discussions relevant des articles 3.9 et 9. Au final, le travail des trois voies doit faciliter la négociation d’un accord cohérent et unique qui encadre les réductions d’émissions nécessaires et réponde de manière adaptée aux impacts auxquels nous sommes déjà confrontés.
Voici donc la liste des devoirs pour nos Ministres :
- Rendre opérationnel le fonds pour l’adaptation
- Renforcer le MDP pour améliorer la répartition géographique des projets.
- Progresser dans les négociations sur l’Après-2012 suivant le programme proposé ci-dessus.


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