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Délégués : Adaptez vos priorités!

Bienvenus en Afrique, bienvenus sur le front des impacts du changement climatique. Délégués des Pays en Développement (PED), représentants des nations africaines, c’est à votre tour de mener la danse. Vous avez l’avantage du terrain, faites en bon usage !

Bienvenus en Afrique, bienvenus sur le front des impacts du changement climatique. Délégués des Pays en Développement (PED), représentants des nations africaines, c’est à votre tour de mener la danse. Vous avez l’avantage du terrain, faites en bon usage !

Nul n’ignore que les Pays les Moins Avancés (PMA) et Petits Etats Insulaires en Développement (PPID) sont les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques et sont les premiers touchés par les problèmes de sécurité alimentaire, de disponibilité en eau, d’infrastructures, de santé et de durabilité des économies. Il faut agir et vite. Mais pour cela des moyens financiers doivent être dégagés. Alors que le total des fonds disponibles pour l’adaptation se situe aujourd’hui entre 120 et 360 millions de dollars, la Banque Mondiale estime quant à elle que le coût total de l’adaptation dans les PED se monte entre 10 et 40 milliards de dollars par an ! Entre ces deux estimations, il y a évidemment un… gouffre ! Cet écart doit être comblé de toute urgence et pour y parvenir, il est crucial de rendre opérationnel le Fonds pour l’Adaptation. Ce dernier peut devenir un moyen puissant et innovant de collecte et de distribution de financements pour l’adaptation. Il ne dépend pas des contributions volontaires des pays industrialisés, mais de la taxe pour l’Adaptation prélevée sur le Mécanisme de Développement Propre (MDP).

Ce Fonds a été mis en place dans le cadre du Protocole de Kyoto afin d’aider à l’adaptation concrète des PED les plus vulnérables. Il est alimenté par une taxe de 2% sur les Unités de Réduction Certifiées des Emissions (URCE) générés par les projets du MDP. La mise en œuvre concrète (l’opérationnalisation) et l’approvisionnement suffisant des fonds d’adaptation de la Convention et du Protocole sont des points d’agenda importants de la COP/MOP2.

L’opérationnalisation du Fonds pour l’Adaptation était au programme l’année dernière à Montréal, mais aucun accord n’a pu être trouvé, principalement à cause de l’insistance de certains pays développés pour confier la gestion de ce fonds au Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM). A l’inverse , de nombreux PED avaient insisté sur l’inefficacité du FEM à aider les pays les plus pauvres et les plus vulnérables. De plus, le Conseil du FEM est dominé par les Etats-Unis qui ne sont même pas partie au Protocole ! Ce point de l’agenda a de nouveau été traité au SB 24 à Bonn en mai dernier mais les discussions, parfois acrimonieuses, sont restées dans l’impasse.

Un texte récemment présenté par Bubu Jallow de Gambi, Mohammad Reazuddin du Bangladesh et Amjad Abdullah des Maldives propose aux Parties de se concentrer en premier lieu sur les règles de gouvernance du Fonds pour l’Adaptation avant de décider qui le gérera. Les auteurs proposent que le Fonds ait son propre organe exécutif composé de représentants des grandes régions du monde (similaire au Comite Exécutif du MDP), avec un siège additionnel pour les PMA. Ils proposent par ailleurs que ce comité exécutif opère « sous l’autorité directe et les instructions » de la COP/MOP et non plus sous sa simple « supervision » comme c’est le cas pour le FEM. Selon cette proposition, les projets d’adaptation devraient bénéficier en priorité aux pays et aux communautés les plus vulnérables. La totalité des coûts d’adaptation des activités proposées devraient être éligibles au financement par le Fonds pour l’Adaptation.

Les Parties devraient considérer ce document comme une base pour parvenir à un accord à Nairobi. Une telle proposition n’exclut pas la possibilité pour le FEM ou toute autre institution de gérer le Fonds pour l’Adaptation, à la condition que l’entité désignée accepte les structures de gouvernance et les règles décidées par la COP/MOP. Le choix de l’entité qui administrera le Fonds pour l’Adaptation est certes important mais la définition de la structure et des règles de gouvernance de cette entité sont un enjeu prioritaire.

L’apport de financements adéquats pour l’adaptation est d’une importance capitale. Le CAN presse donc les Parties d’explorer la possibilité d’étendre la taxe pour l’adaptation de 2% à l’ensemble des mécanismes de flexibilité du Protocole, ainsi qu’à d’autres activités émettrices telles que l’aviation internationale.

Le CAN pense que cette conférence à Nairobi représente l’opportunité pour les PED, particulièrement pour les nations africaines, de mener la négociation sur l’adaptation. Délègués africains, vous jouez à domicile, faites de cette COP/MOP2 un succès sur l’adaptation !